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bien, ce serait un grand malheur pour vous d’aimer Albany, qui est honnête, je le veux bien, mais qui ne peut être pour une femme qu’un tourment, jamais un soutien.

Bien que mademoiselle d’Estorade écoutât Narcisse avec bienveillance, je vis qu’il ne pouvait la persuader en lui parlant de ses propres intérêts. Cette âme dévouée trouvait probablement à satisfaire son penchant naturel dans l’idée de souffrir et de se tourmenter pour l’objet de son affection. Elle fut plus effrayée de ce que je lui dis de l’avilissement où une âme pure pouvait tomber en faisant alliance trop intime avec une existence souillée par le libertinage. Elle était fière et s’estimait elle-même, en dépit de son humilité chrétienne et de sa modestie exagérée.

— J’y penserai, me dit-elle en terminant l’entretien. Vous m’avez dit des choses sérieuses ; je vous en remercie tous deux, et vous promets de les examiner attentivement.

— Il eût mieux valu, dit Narcisse, nous promettre de ne pas tant examiner, et de couper court à ce commerce de lettres. Je m’en irais plus content, si j’étais sûr que c’est fini ! Mais je n’en suis pas sûr, et je m’en vais chagrin !

— Je vois que vous avez encore de l’amitié pour moi, répondit mademoiselle d’Estorade en lui tendant la main, et je vous en remercie. Ne soyez pas trop inquiet. Ce