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chant orgueilleux, elle le lui avait caché jusque-là ; mais, dans un accès de fureur jalouse, elle le lui avait reproché dans des termes insoutenables, avouant le moyen honteux dont elle s’était servi pour obtenir d’un autre homme, qu’elle haïssait, l’argent nécessaire pour sauver son amant, et voulant que celui-ci admirât l’excès de sa passion pour lui. Albany était tellement désespéré de cette humiliation, qu’il avait engagé trois ans de son avenir pour aller chanter à Nantes, après avoir refusé des conditions désagréables dans cette ville. Il allait partir, mais on refusait, à Nantes, de lui faire l’avance d’une année, et il s’était résolu à accepter enfin mes offres de service, aimant mieux devoir à une amie sérieuse qu’à une folle et coupable maîtresse.

» Je le remerciai d’avoir en moi cette confiance, et je promis que la somme nécessaire lui serait remise dès le lendemain. En même temps, je l’exhortai encore à changer de vie, à rompre avec cette Julia, ou à la prendre au sérieux, afin de la convertir. Il repoussa l’idée de la supporter un jour de plus, et me remercia ardemment d’avoir sauvé son honneur. Voilà, mot à mot, toute l’histoire de nos relations, et le billet que j’ai reçu de lui, hier au soir, en est la preuve :

« Me voici acquitté jusqu’au dernier centime ! Ah ! vous êtes mon bon ange ! Je pars ce soir, après la représentation de Fra Diavolo. Vous seule en êtes instruite.