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— Merci, demoiselle ! dit Narcisse, mais j’y tiens comme à un fétu. Donc, le petit fauveteau ?…

— M’inquiétait d’autant plus, dit mademoiselle d’Estorade en souriant à travers un certain malaise, que votre jardin est fréquenté par des chats qui font un grand vacarme toute la nuit. Je courus chercher la clef de cette fatale porte que je n’aurais jamais dû franchir, et je ne retrouvai pas le fugitif, mais bien Albany, qui se promenait tranquillement chez vous, fumant un cigare et gesticulant un rôle tout le long de l’allée qui suit la palissade.

» Je me retirai sans paraître le voir ; mais il m’avait vue, lui. Il s’élança et faillit briser le treillage pour me retenir ; et, comme je ne voulais pas qu’il portât la main sur moi, et que, d’ailleurs, fuir devant lui me paraissait d’une bégueule ridicule, je lui parlai pour lui dire que je ne voulais plus avoir aucune relation avec lui. Je lui montrai même un mécontentement assez sec de l’insistance qu’il mettait à se faire admettre à mon parloir malgré ma défense, et sans se soucier des propos ridicules qui pourraient en résulter pour lui comme pour moi.

» Il s’accusa et me témoigna un repentir violent. Si je lui retirais mon amitié ou du moins ma pitié, il était perdu. Il ne lui restait plus personne au monde. Il était de nouveau brouillé avec sa famille. Son père, ne pouvant l’amener à ses fins, l’avait, disait-il, chassé, presque maudit. Il parlait même de se tuer, tant il était