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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/314

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GERMAIN, dans le public — Est-il méchant et obstiné, ce vieux-là, avec sa tête de chanvre ?

CASSANDRE, sur le théâtre. — Encore ? Tu m’appelles tête de chanvre !

PIERROT. — Je n’ai rien dit, monsieur.

CASSANDRE. — Si fait !

(Il lève sa canne.)

GERMAIN, dans le public. — C’est pas lui, c’est moi !

CASSANDRE, sur le théâtre. — Tu dis que c’est toi, tu t’en vantes ! Eh bien, attends !

(Il rosse Pierrot, qui se sauve. Cassandre, en voulant le poursuivre, tombe sur le nez. Grands éclats de rire et trépignements de joie des paysans, qui s’écrient : )

C’est bien fait ! c’est bien fait !

(Ils applaudissent. Une petite fille entre et parle bas à Jenny, qui sort. Florence la suit des yeux avec étonnement. La pièce continue.)




SCÈNE IV


Auprès du prieuré, au bord de la rivière


FLORENCE, JENNY.


JENNY, conduite par la petite fille. — Eh bien, où est-elle donc cette femme qui me demande ?

LA PETITE FILLE. — Tenez, là, contre un peuplier.

JENNY. — Bien, je la vois. Merci, mon enfant.

(La petite fille s’éloigne ; Jenny approche d’une femme enveloppée d’une mante de paysanne et qui a la tête cachée dans ses mains.)

JENNY. — Eh bien, ma bonne amie, qui êtes-vous et que puis-je faire pour vous ? Vous paraissez chagrine ? Est-ce que vous pleurez ? Voyons, voyons, dites-moi vos malheurs Vous êtes sans pain, sans abri ? Je vais parler à ma maîtresse. Est-ce là ce que vous voulez ?

MYRTO, se dégageant de sa mante et se jetant dans les bras de Jenny. — Ah ! Jenny, je voudrais être sans pain, sans abri… et sans reproche !