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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/311

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SARAH. — Non maman, mais je vais mettre mon manteau par précaution, si cela t’inquiète.

MADAME BROWN. — Et toi, ma Noémi, tu ne te sens pas envie de dormir ?

NOÉMI. — Oh ! non, petite mère. Je me sens en train de m’amuser. Tu t’amuseras aussi, Sarah ?

SARAH. — Je t’en réponds ! Et toi, maman ?

MADAME BROWN. — Certainement, si vous vous amusez, mes enfants.

MADAME PATURON, à son neveu Polyte. — J’espère que nous en voyons, aujourd’hui, du beau monde ! Ah ! si madame Charcasseau était là ! Serait-elle contente, elle qui est si curieuse !

POLYTE. — Je voudrais bien savoir comment c’est fait dans ce théâtre !

MADAME PATURON. — Qu’est-ce qu’elle a donc sur la tête qui brille comme ça, la dame de Noirac ?

POLYTE. — J’ai envie de passer sous la tapisserie pour regarder.

MADAME PATURON. — Tu ne penses qu’aux marionnettes, toi ! Es-tu bête ? Regarde donc ces Égyptiennes qui sont à côté de M. Jacques !

POLYTE. — Des Égyptiennes ? Tiens, comme elles sont blanches ! J’aurais cru que des Égyptiennes c’étaient des négresses… On dirait qu’il y a des chandelles dedans.

MADAME PATURON. — Dans ces dames étrangères ?

POLYTE. — Non, dans le théâtre !

MADAME PATURON. — Polyte, il n’y a pas de plaisir à être avec toi. Tu ne fais attention à rien.

POLYTE. — Je suis venu pour voir les marionnettes, et je suis curieux de marionnettes.

MADAME PATURON. — Mais où est-ce donc que tu te fourres ?

POLYTE. — Je veux regarder sous la tapisserie.

MAURICE, derrière la toile. — Qu’est-ce que c’est que ça ! à qui la tête ?

EUGÈNE. — Un curieux ? tape dessus !