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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/297

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pêcher pour l’ouverture du Salon… qui n’ouvrira pas cette année, qui n’ouvrira plus jamais, à ce qu’on dit.

MAURICE. — Au fait, puisque vous travailliez, je vais suivie le bon exemple, ô vertueux amis ! Qu’est-ce que tu grattes maintenant, Damien ? Encore ton Christ ! Il était fin hier.

DAMIEN. — Ah ! oui, fini ! Est-ce qu’une gravure est jamais finie ? Et toi, qu’est-ce que tu vas brosser ?

MAURICE. — Mon tableau n’est pas sec… Je vas ébaucher un groupe d’enfants que je viens de voir dans le village. C’était éclairé, mon cher !… c’était un peu joli, va !

EUGÈNE. — Avant de t’asseoir, donne donc un peu de jour. On n’y voit plus. Est-ce qu’il pleut ?

MAURICE. — Non, un nuage qui passe. Gare le gris, Eugène !

EUGÈNE. — Ma foi, je n’y vois plus que du gris, en effet ; je vas dessiner.

DAMIEN. — Vous n’en avez pas pour longtemps ! Si ça continue comme ça, nous n’y verrons plus dans un quart d’heure.

MAURICE, dessinant. — Quelle heure est-il donc ?

DAMIEN. — Je ne sais pas, mais il me semble que le jour tombe.

MAURICE. — Ah diable ! et dîner ! et préparer tout !

EUGÈNE. — Tout est prêt, nous nous sommes couchés assez tard pour ça, cette nuit.

MAURICE. — Eh bien, et la pièce ? et le dénoûment ? Y êtes-vous, Émile ?

ÉMILE. — Tout à l’heure.

DAMIEN. — Écrivez gros ! Pas de pattes de mouche !

MAURICE. — Mais le tenez-vous, le dénoûment, vous autres ?

EUGÈNE. — Nous comptions sur toi pour l’apporter.

MAURICE. — Sans que je connaisse le second acte ?

DAMIEN. — Depuis quand, esprit fécond, le préoccupes-tu d’un souci vulgaire ?

MAURICE. — Il est vrai que nous avons toujours le dénoû-