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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/233

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FLORENCE, montant dans la carriole et prenant les rênes. — Moi ? Ne vous ai-je pas donné ma parole d’honneur de vous conduire jusqu’à Sainte-Aigue ?

(Ils partent.)




SCÈNE V


Chez Maurice


Au prieuré.


MAURICE, DAMIEN, EUGÈNE, JEAN, domestique de Maurice.


DAMIEN. — Eh bien, est-ce qu’elle était mauvaise, mon idée ? Nous aurons au moins cinquante spectateurs demain, et je voudrais bien savoir où vous les auriez fourrés, si vous aviez dressé le théâtre dans le salon ?

MAURICE. — En fait d’idées, tu as des idées. À présent que c’est arrangé, c’est superbe pour une salle de spectacle, ce vieux réfectoire de moines.

EUGÈNE. — C’était un meurtre de consacrer ça à serrer des fagots. À présent que c’est clos et nettoyé, c’est très-vaste et c’est joli. Nous emprunterons des bancs au curé, à Jacques et à tous les voisins. Nous pourrons avoir aussi des chaises et des fauteuils pour les dames et les gens respectables. La vieille tapisserie, tendue sur les côtés du théâtre jusqu’aux murs, nous fera une séparation qui nous permettra d’agir et de circuler sans communiquer avec le public. Nous avons une profondeur superbe qui nous donnera une coulisse de plus et un éclairage excellent. Enfin, c’est réussi, c’est adopté, c’est approuvé, et il s’agit d’achever la besogne.

JEAN. — Voyons, le théâtre est-il établi solidement ?

MAURICE. — C’est bien, Jean ; merci, mon vieux. Oui, il est solide. Tous les crochets sont mis. Emporte ton échelle, et va te coucher si tu veux.