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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/223

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JENNY. — Moi ? rien ! je suis contente, et je vous remercie.

FLORENCE. — C’est moi qui vous remercie d’être contente, Jenny ! Allons… voilà minuit qui sonne !…

JENNY, tressaillant. — Ah ! oui, minuit ! Adieu, Florence !

FLORENCE. — C’est bonsoir que vous voulez dire ?

JENNY. — N’est-ce pas la même chose ?

FLORENCE. — Non vous m’avez dit cet adieu-là comme si nous ne devions pas nous revoir avec plaisir demain matin.

JENNY. — Allons, monsieur Florence, on vous attend, vous le savez bien.

FLORENCE. — Ah ! et comment savez-vous ?

JENNY. — Parce que je viens de la voir. Mais je crois que madame sonne ! Adieu !

FLORENCE. — Encore adieu ? (Jenny s’éloigne.) Qu’a-t-elle donc contre moi ?




SCÈNE XV


Chez Jacques

UN GRILLON, dans la cheminée. — Vite, vite, la plaque est chaude, l’âtre brille ! viens, ma chère amie, regarder comme c’est beau et comme la flamme danse avec grâce. Entends-tu ma chanson des jours de fête ? Le feu ! le feu ! le feu ! c’est l’amour, c’est la vie !

Heureux, bruyants, éveillés toute la nuit, à l’abri de tout danger, dans ce petit trou couvert de suie, nous passerons ici tout l’hiver, toute la vie.

Feu ! feu ! vive le feu ! Aimons-nous, ma chère amie !

Regarde la braise, comme elle est rouge ! C’est notre soleil, à nous ! Aux champs, il fait froid. Ici, point de neige, point de brouillards, et quand la terre se couvre d’un drap mortuaire, le foyer s’allume, et notre été commence.

Dans le feu, on voit des choses superbes, des bois, des