Ouvrir le menu principal

Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/213

Cette page n’a pas encore été corrigée


MARGUERITE. — Votre paquet ? Oh ! il n’est pas gros, et il sera d’abord prêt.

MYRTO. — Apprêtez-le, rangez tout, et puis allez vous coucher. Je n’ai plus besoin de vous. Ah ! tenez, voilà pour le propriétaire de la maison, et puis pour vous.

MARGUERITE. — Vous partez donc cette nuit, comme ça, toute seule ?

MYRTO. — On viendra me chercher. Allons ! vous n’êtes pas trop curieuse, vous, j’ai vu cela ; vous devez être contente de moi. Ne vous occupez pas de moi davantage, si vous voulez me faire plaisir.

MARGUERITE. — À votre volonté, et en vous remerciant, mam’selle. (À elle-même, en s’en allant.) Elle a un drôle d’air ! Et qu’est-ce qu’elle fait là toute seule autour du château ? Si elle avait une idée de se périr ! Elle a ri ce matin, elle a pleuré ce soir, et m’est avis qu’elle est quasiment folle. Je ne me coucherai point que je ne l’aie entendue rentrer… Pauvre jeunesse ! Ça a pris le mauvais chemin, c’est à plaindre !




SCÈNE XII


À la porte de la cour du château


GÉRARD, JENNY, MYRTO.


JENNY. — Oui, sortez par cette petite porte, et sans faire de bruit. Il est inutile qu’on vous entende dans le village, car vous ne sortez jamais aussi tard du château. Il est bien onze heures… Emmenez votre cheval au pas jusqu’au grand chemin, et ne vous affligez plus ; vous trouverez madame tranquille et bonne demain matin.

GÉRARD. — Ah ! Jenny, dites-lui que je l’aime, et dites-lui… hélas ! oui… dites-lui que je suis ruiné !

JENNY. — C’est bon ! c’est bon ! nous penserons à cela demain. Vous parlez trop haut ici. La voix résonne par ce