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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/182

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rence réussira, je vous en réponds. La Myrto paraissait coiffée de lui tantôt. Est-ce que votre maîtresse sait que nous avons été mis, malgré nous, dans la confidence ?

JENNY. — Oh non ! Je ne le lui ai pas dit. Elle a bien assez de tourment.

MAURICE. — Ne le lui dites jamais, c’est inutile. Nous serons muets comme des souches.

JENNY. — Ah ! si tout le monde était comme vous, les méchantes langues n’auraient pas si beau jeu ! Mais dites-moi donc… Florence… est-ce qu’il ne revient pas ? Madame est bien inquiète !

DAMIEN. — Florence ? Non certes ! Je viens de le voir dans la prairie, donnant le bras à Myrto et soupirant avec elle, à la brise du soir.

JENNY, s’efforçant de rire. — Ah ! vraiment ? dans la prairie ?

DAMIEN. — Ça me fait penser à dire à monsieur Jacques qu’il ne viendra pas dîner avec lui.

JENNY, bas à Jacques. — Ah ! monsieur Jacques, vous n’aurez pas Florence… Il ne peut pas venir. En ce cas, vous venez tout de suite au château ?

JACQUES, de même. — Mon Dieu, est-ce que c’est absolument nécessaire aujourd’hui ? J’avais à causer avec mon ami Ralph.

JENNY, bas à Jacques. — Vous aimeriez mieux cela, je le sais bien, mais je vous en prie.

JACQUES. — Vraiment ? Qu’y a-t-il donc, mon enfant, et pourquoi cette insistance ?

JENNY. — Je vous le dirai en chemin ; venez, monsieur Jacques. Vous pouvez lui faire beaucoup de bien. Elle souffre !

JACQUES. — Allons ! vous me croyez donc médecin ? Eh bien, mon cher Ralph, je suis forcé de vous quitter. On réclame de moi un petit service, mais consolez-moi du regret de vous laisser seul en gardant nos jeunes voisins avec vous à dîner.

RALPH. — Ah ! certes, faites-moi ce plaisir, messieurs.