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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/181

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JACQUES. — Je le reçois comme un père que vous féliciteriez de la présence de sa fille.

MAURICE. — Je l’entends bien comme ça. Vous vous portez bien, mademoiselle Jenny ? Tenez, nous sommes un peu gris ; mais devant vous, motus ; nous redevenons tout de suite parfaits gentilshommes. Voulez-vous savoir une histoire qui concerne Florence ?

JENNY, troublée. — Non, monsieur… cela ne me regarde pas.

MAURICE. — Bah ! ça regarde toute la maison de Noirac. Dites à votre maîtresse de ne pas recevoir tous ces curieux de la ville qui escaladent les murailles pour voir par les fenêtres, quand ils trouvent les portes fermées. Nous venons de faire baigner un joli garçon qui grimpait au pavillon de Florence.

JENNY. — Vraiment ? vous me conterez ça. Mais ma maîtresse m’attend.

DAMIEN. — Ah ! à propos de votre maîtresse, demandez-lui donc si elle veut aller quelquefois au spectacle. Elle ne se doute pas qu’elle peut aller au spectacle dans le village de Noirac.

JENNY. — Vos marionnettes ? On les vante beaucoup. Je lui en parlerai, et je suis sûre que cela l’amusera.

EUGÈNE — Et VOUS, ça vous amusera-t-il ?

JENNY. — Si ma maîtresse y va…

MAURICE. — Il faut qu’elle y vienne ! Croyez-vous qu’elle nous recevrait agréablement si nous lui portions notre invitation nous-mêmes ?

JENNY. — Mais je suis sûre que votre visite lui ferait plaisir.

MAURICE. — Oh ! une visite sérieuse, non, mais une apparition de bateleurs, en costumes de la foire, avec tambours et trompettes.

JENNY, bas. — Ah ! monsieur, puisque vous savez tout, vous savez bien qu’elle n’est pas en train de rire aujourd’hui.

MAURICE. — Bah ! elle rira ce soir ou demain, car Flo-