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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/162

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monde est donc dans la confidence ? Ah ! Jenny, tu me perds en voulant me sauver, et je suis bien folle de te laisser agir.

JENNY. — Quoi ! madame, ne peut-on pas savoir que vous voulez qu’on vous restitue quelque chose, et ne pas connaître ce que c’est ? Oui, oui, on demande à Cottin où je suis. Laissez-moi voir ce qu’on me veut.




SCÈNE XI


Dans le Jardin


EUGÈNE, JENNY.


EUGÈNE. — Oui, mademoiselle, je viens de la part de Florence pour vous dire ce seul mot : Espérez.

JENNY. — Ah ! merci, monsieur ; c’est une chose qui me tourmente bien, une chose qui m’est toute personnelle, je vous assure.

EUGÈNE, souriant. — C’est vous qui avez des lettres compromettantes dans les mains d’une ennemie ?

JENNY. — Moi ?… Eh bien ! oui, monsieur, c’est moi !

EUGÈNE. — Vous êtes généreuse, mademoiselle Jenny ; mais nous savons bien qu’il ne s’agit pas de vous, soyez tranquille.

JENNY. — Comment, vous savez…

EUGÈNE. — Nous ne savons rien. Nous n’avons pas voulu entendre la lecture des lettres, et nous avons laissé Florence aux prises avec le démon. Nous espérons, à voir comme il s’y prend, qu’il en triomphera comme l’archange.

JENNY. — Ah ! il est… avec elle ?

EUGÈNE. — Et je vous assure qu’il a bien dressé ses batteries. C’est à mourir de rire. Je ne croyais pas que ce brave garçon-là pût être si malin à l’occasion. D’abord, il lui a persuadé qu’il était millionnaire, et il faut qu’elle soit trompée par une ressemblance, car elle prétend l’avoir vu