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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/13

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qu’il porte. J’aurais pu la retrancher sans grand inconvénient ; mais les choses d’imagination ont leur raison d’être, tout aussi bien que celles de la réalité, et cette raison, c’est le moment où elles éclosent en nous. Bien que, dans celle-ci, le coin du rideau soit à peine soulevé désormais, le peu de vie réelle qu’on y aperçoit n’est absolument vrai que par rapport à l’époque que cette date précise.




ENVOI


À M. ALEXANDRE MANCEAU


Quelques scènes de ce roman dialogué sont pour nous des souvenirs. Nous étions encore gais en les commentant, en les complétant dans nos causeries de famille. Que de chagrins ont passé sur nous depuis ces jours-là ! En si peu de temps, que d’inquiétudes, que de séparations, que de morts ! Nous avons ri et pleuré ensemble : il est bien juste que je dédie cette page du passé au plus fidèle, au plus dévoué des amis.

GEORGE SAND

Nohant, mars 1855.