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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/112

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EUGÈNE. — Que diable signifie cette apparition ?

DAMIEN. — Ça ? c’est une péronnelle. Elle est jolie !

MAURICE. — Qui sait ? c’est aussi bien une lionne !

EUGÈNE. — C’est encore plus crâne que celle de Noirac !

MAURICE. — Allons conter cela au père Jacques. Il nous aidera dans nos commentaires.



SCÈNE XV


Dans le prieuré


DAMIEN, EUGÈNE, MAURICE.


DAMIEN. — En attendant, tu fais tes affaires, propriétaire que tu es ! Voilà ta maison louée !

MAURICE. — Pas sûr ! mais je m’en moque !

EUGÈNE. — As-tu remarqué comme elle a dit ce mot-là : « Je m’en moque ? »

DAMIEN. — Oui, j’ai cru qu’elle allait dire mieux ! Drôles de femmes qu’on voit à présent ! Je croyais qu’on ne trouvait ces genres problématiques qu’à Paris, et ça vient vous relancer au fond des montagnes !

EUGÈNE. — Est-ce que ça vous monte la tête, à vous autres ?

MAURICE. — À première vue, non ! Ça me fait l’effet du champagne, et je ne l’aime pas.

DAMIEN. — Moi, je dis que pour être le but de ces femmes-là, aventurières ou princesses, il faut être comme monsieur Gérard : avoir cinq pieds huit pouces et une barbe de sapeur, couleur de feu, monter sur des chevaux qui me casseraient les reins, parler chien, renard, piqueurs, steeplechase, être enfin fort comme un Turc, riche comme un juif et bête comme une oie. Or j’ai trop d’amour-propre pour m’y frotter.

MAURICE. — Tu as raison, toi ! Allons philosopher avec nos hommes graves. Ils sont très-gentils au fond ! Sexe enchan-