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pose à ce que vous brisiez son avenir ! (Mouvement de Jeanne.) Non ! Je ne veux pas qu’elle ait l’affreux destin de sa mère ! Je ne veux pas qu’elle soit méconnue et livrée aux fatalités de l’abandon et de l’oubli. Je ne veux pas qu’elle se sacrifie à un enfant qui se pique de dédaigner l’amour. Pour moi, amour et fidélité sont une même chose ; je ne crois point en lui, je ne souffrirai pas, je le répète, qu’Hélène soit la victime d’un Mérangis !


JEANNE.

Ah ! monsieur, le voici ! vous voulez donc… ?


MAXWELL.

Ne craignez rien ; le moment n’est pas venu.


JEANNE.

Je tremble !

Elle sort à droite.




Scène IV



MAXWELL, MARCUS.




MARCUS, entrant, à la cantonade.

Du café ? merci ! ça empêche de dormir !


MAXWELL.

Et vous aimez à dormir, même le jour de vos fiançailles !


MARCUS.

Ah ! vous savez déjà… ?


MAXWELL.

Pardon de vous déranger au milieu de l’ivresse de votre bonheur.


MARCUS.

J’ai peut-être l’ivresse lourde, je n’y suis pas habitué…! Il