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Scène VIII


MARCUS, HÉLÈNE.




MARCUS, lui présentant un bouquet.

C’est ta vingt et unième année qui commence ! Je te la souhaite bonne et heureuse. Elle lui tend ses deux joues. Il l’embrasse froidement.


HÉLÈNE.

Merci ! voilà de belles fleurs de montagne ! (À part.) Qu’il n’a certes pas cueillies lui-même ! (Haut.) On ne t’a pas vu depuis longtemps ; tu t’es donc bien amusé à la ville ?


MARCUS.

Je ne sais pas si je me suis amusé ; je sais que je ne m’amuserai plus, ni là ni ailleurs.


HÉLÈNE.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Tu es contrarié ?


MARCUS.

Très-contrarié, ma chère : je suis ruiné.


HÉLÈNE.

Ruiné ?


MARCUS.

À plat ! Tu sais, mes deux cent mille francs, tout mon avoir tout mon avenir ?


HÉLÈNE.

Eh bien ?


MARCUS.

Ils ont filé dans la débâcle Fargès et Compagnie, de Marseille.