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MAXWELL.

Vous croyez que c’est par hasard ?


HÉLÈNE.

Césaire, allez donc aider ma bonne maman à monter chez elle.


CÉSAIRE, lui présentant un bouquet qu’elle ne songe pas à prendre.

Oui, Hélène… oui, ma…mad… ma chère Hélène.

Césaire sort après avoir mis son bouquet sur la cheminée.

HÉLÈNE.

Moi, en apprenant que vous étiez ici, je l’ai laissée au bras de Jeanne. J’étais pressée de vous voir, de vous voir seul.


MAXWELL.

Je sais que sa santé vous inquiète.


HÉLÈNE.

Ce n’est pas qu’elle soit malade. C’est un déclin rapide comme si la vie était usée et s’en allait sans secousse ; sa vue est bien plus affaiblie que l’année dernière. Par moments, elle entend, et puis, à la suite de syncopes qui nous effrayent, elle n’entend plus, ou ne parle plus, sa mémoire s’éteint ou s’égare.


MAXWELL.

Ce n’est pourtant pas précisément l’âge de ce déclin !


HÉLÈNE.

Elle a tant souffert dans sa vie !


MAXWELL.

Oui, dès sa jeunesse ; tout le monde le sait, son mari…


HÉLÈNE.

Et son fils, toujours absent, ne l’a pas consolée ! Enfin les années lui ont compté double.


MAXWELL.

Mais vous avez tout remplacé, et, d’ailleurs, elle a une