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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/94

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donner Love dans cette douleur, dans cet effroi mortel. Elle ne pensa point non plus que ma présence pût la compromettre. Elle n’y songea seulement pas ; elle me laissa veiller auprès d’elle.

Une nuit que M. Butler avait reposé avec calme, je m’endormis dans la chambre voisine de la sienne. J’étais accablé de fatigue, et j’avais recouvré un peu d’espoir. Quand j’ouvris les yeux, je vis devant moi Love, qui me tendait ses deux mains.

— J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer, me dit-elle à voix basse.

Elle passa son bras sous le mien, et continua en m’emmenant vers le salon :

— Vous me disiez hier au soir que vous lui trouviez le teint plus clair et les yeux moins cernés. Vous aviez bien raison ; j’avais tort de ne pas vous croire. Il est sauvé, voyez-vous, cela est bien certain. Le médecin est très, très-content ! vous allez le voir, il vous dira ce qu’il m’a dit : mon père, s’il continue son traitement, sera remis, dans quelques semaines tout au plus, pour longtemps à coup sûr, et peut-être pour toujours.

Nous entrions dans le salon, le médecin n’y était pas. Nous nous trouvions seuls. Love et moi. Je vis dans la glace sa figure tout illuminée par l’espérance, et son corsage souple et charmant penché vers moi