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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/82

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Hope, j’aurais encore mon père… Après celui-là,… je crois bien que je n’aurais plus aucun plaisir à vivre.

— D’après l’ordre de la nature, vous devez pourtant prévoir ce dernier malheur, mais dans ce temps-là vous aurez d’autres affections…

— Oh ! les affections à venir, je ne les connais pas, je ne m’en fais aucune idée, et je ne peux m’appuyer d’avance sur quelque chose qui n’existe pas.

Cela fut dit très-naturellement et sans aucune intention apparente de m’avertir. Je n’en fus donc pas frappé et découragé comme je l’eusse été trois jours auparavant. Je n’y vis pas non plus l’aveu d’un cœur trop rempli pour accepter un avenir quelconque en dehors du présent. J’étais gagné et porté à la confiance par la simplicité et la bonhomie des paroles, de l’attitude et de la physionomie. Je sentais là une personne vraie jusqu’au fond de l’âme, raisonnable et sensible, modeste et dévouée. Je ne me trompais pas, telle était en effet miss Love : aussi mon exaltation se calmait auprès d’elle, et j’éprouvais, en l’écoutant parler, le charme de l’amitié plutôt que le trouble de l’amour.

Son père vint au bout d’une heure, me fit bon accueil et me retint à dîner. Je ne surpris, quelque attention que je fisse, aucun regard d’intelligence échangé entre Love et lui, et je reconnus à leur tran-