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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/75

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d’un est-ce que vous ne trouvez pas ? qui semblait dire : « Êtes-vous digne de toutes ces félicités dont je vous fais la peinture éloquente ? » Et moi, j’épuisais une à une toutes les formules d’adhésion banale que pouvait me suggérer ma diplomatie.

Tout à coup, en coupant un sentier qui devait nous abréger le chemin, je me retrouvai à la place où j’avais vu folâtrer les jeunes gens. L’herbe était encore foulée, les flocons de mousse épars sur le bord du fossé. J’en ramassai une poignée, que je mis dans ma poche, à la satisfaction de M. Black, qui me crut botaniste.

Le Lichen filamenteux ! s’écria-t-il d’un ton protecteur.

Mais il se baissa aussi, et je le vis ramasser au pied de l’arbre le livre oublié par miss Love. Comme il le tenait tout ouvert, j’y jetai les yeux, et je vis rapidement que c’était un ouvrage en latin. Il me revint un soupçon que je ne pus contenir.

— Est-ce que miss Butler lit cet ouvrage ? demandai-je étourdiment à mon compagnon.

— Ce livre est à moi, répondit-il brièvement. Je l’avais prêté à sir Hope.

Et il le mit avec peine dans la poche de son habit noir, qu’il déchira plutôt que de me laisser voir la couverture du bouquin ; du moins je m’imaginai qu’il