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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/73

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les longues mèches sur sa figure, comme un enfant qui se déguise pour n’être pas reconnu, ou qui s’apprête à faire peur aux curieux.

En me jetant un peu de côté, je pouvais échapper au premier regard de sir Hope, mais à coup sûr il eût vu mon cheval, s’il eût fait deux pas de plus. Heureusement, sa sœur riant tout haut de l’expédient qu’elle avait imaginé, il se retourna, trouva l’idée admirable, courut chercher le reste de la mousse pour se masquer aussi, et j’eus le temps de remonter à cheval et de filer jusqu’à un massif du chemin qui me dérobait complétement à la vue. De là, je les entendis crier hou hou sur le bord du fossé, regrettant beaucoup sans doute de ne pas trouver un paysan à qui faire peur. Puis les éclats de rire recommencèrent en s’éloignant, et je crus pouvoir continuer ma route sans être observé : mais, comme j’arrivais à la porte au fond du parc, je me rencontrai face à face avec le pâle et flegmatique Junius Black. J’étais apparemment mieux disposé, car je ne lui trouvai pas une mauvaise figure. Il m’aborda très-poliment, et, comme il paraissait désireux de lier conversation, je mis pied à terre. Mon cheval, qui m’était très-attaché, me suivit comme un chien, et je descendis avec le savant à gages la longue allée sinueuse qui ramenait au château.

M. Black ne montra aucun étonnement de me voir