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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/60

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M. Louandre dans l’embrasure d’une fenêtre, et il m’avait semblé que leurs regards se portaient sur moi. J’avais donc été le sujet de la conversation, et j’en ressentais beaucoup d’inquiétude. Je questionnai M. Louandre, qui me répondit avec une franchise un peu brusque :

— Eh ! mais certes, monsieur le comte, nous parlions de vous. N’ai-je pas été chargé par madame votre mère d’abord de me bien renseigner sur la situation ? — et c’est ce que j’avais fait depuis quelque temps — ensuite de tâter le terrain ? — et c’est ce que je viens de faire.

— Juste ciel ! m’écriai-je, voilà ce que je craignais tant. Quoi ! en ma présence, et dès ma première visite !

— Qu’importe, si je ne vous ai pas nommé ?

— Mais on m’aura deviné tout de suite !

— Tant mieux ! Les choses qui n’ont pas lieu tout de suite n’ont jamais lieu.

— Ainsi vous m’avez engagé, compromis ?

— Nullement, puisque je n’ai fait que vous laisser deviner.

— Et vous veniez exprès pour cela, me sachant là ?

— Je ne vous savais pas là ; mais, comme je venais exprès pour cela, je suis fort aise de vous y avoir