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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/49

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Il m’ouvrait la voie. Je me sentis à l’aise pour lui parler de lui-même et le questionner sur des choses où la curiosité est permise. Je découvris qu’il s’occupait avec passion des sciences naturelles et qu’il avait d’importantes collections. Je lui demandai la permission de revenir les voir, comptant mettre six autres mois à renouveler ma visite. Il me prit au mot avec une certaine vivacité ; j’avais touché la corde sensible.

— Vous les verrez dès aujourd’hui, s’écria-t-il ; ce sera plus intéressant que ma conversation, la nature parle mieux que moi.

Et, comme j’objectais que le moment était venu de me retirer :

— Que parlez-vous de nous quitter ce matin ? reprit-il. On ne fait pas une visite à huit lieues de distance sans se reposer et dîner avec les gens que l’on a pris la peine de vouloir connaître. Je sais, d’ailleurs, que c’est l’usage en France, où l’on manque un peu de chemins de fer et de belles routes. Quand j’ai été voir madame votre mère, elle m’a retenu, et j’ai accepté. Vous allez en faire autant.

Il n’y avait pas moyen de refuser.

— Rentrons, dit-il. Je vois que votre cheval a soif, et je ne suis pas un cavalier infatigable. J’ai fait presque le tour du monde à pied… Mais où sont les enfants !