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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/315

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firent entendre au-dessous de nous, nous signalèrent l’approche du reste de la caravane. M. Butler et son fils, assez inquiets de notre audacieuse ascension qu’ils avaient vue de loin, doublaient le pas pour nous rejoindre et commençaient à gravir le cône. Love m’apprit à la hâte que son père avait été informé par elle, la veille seulement, de mon identité avec ce Jean de la Roche, dont il remarquait déjà, et de plus en plus, la ressemblance sur mon visage. Quant à Hope, il ne se rappelait réellement pas assez mes traits pour avoir le moindre soupçon, et Love me supplia de lui donner quelques jours encore pour le préparer à cette surprise.

— Ne faites semblant de rien, me dit-elle, et partez demain pour Bellevue ; c’est là que nous nous rejoindrons presque en même temps. Je me charge d’informer mon père de mes résolutions, qu’il approuve d’avance, je le sais, à tel point qu’en vous donnant ma main et mon âme c’est à lui presque autant qu’à vous que je cède.

En effet, deux jours après, j’étais à Bellevue sous ma figure normale, et la famille Butler y arrivait peu d’heures après moi. La première personne qui me sauta au cou fut le cher Hope.

— Vous vous êtes moqué de moi, me dit-il ; mais je vous le pardonne, à la condition qu’une autre plai-