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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/306

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eût été surprise de me voir, elle sourit et me dit bonjour d’un petit mouvement de tête.

— Avez-vous peur, demoiselle ? lui dis-je tout en sautant.

— J’ai peur pour vous, répondit-elle d’un ton de reproche.

Et, quand nous fûmes sur l’autre rive, elle ajouta.

— C’est assez, j’espère, et vous allez appeler un remplaçant.

— C’est-à-dire, repris-je, que vous ne vous fiez point à moi ?

Elle ne répondit pas ; mais, comme elle était tournée de profil, je vis encore ce mystérieux sourire, demi-railleur, demi-mélancolique, qui parfois la faisait ressembler à la Joconde de Vinci, quoique sa beauté appartînt à un type plus régulier et plus franchement sympathique.

J’encourageai Leclergue en patois. Quoique bien payé par M. Butler, il l’était encore plus par moi, et il ne se ménageait pas. Au bout d’une demi-heure de marche, nous avions rejoint Hope, M. Butler et leurs guides ; mais, comme nous étions lancés sur la pente ascendante des premiers échelons de la montagne, nous ne nous arrêtâmes pas, et bientôt nous laissâmes tout le monde derrière nous. Nous marchions toujours plus vite à mesure que la montagne devenait plus ra-