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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/287

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N’avait-elle pas écrit à M. Butler pour le mettre au pied du mur, en lui disant que vous dépérissiez, et qu’il vaudrait beaucoup mieux pour vous n’avoir plus aucun espoir ?… M. Butler me montra la lettre, et je fus d’avis qu’il fallait agir selon le désir de votre mère, puisqu’à cette époque Hope était fort malade, et qu’il n’était pas possible d’assigner un terme à sa maladie.

— On a beaucoup exagéré la maladie de Hope ?

— Dites, monsieur, qu’on l’a beaucoup dissimulée I C’était une maladie nerveuse, et je vous dirai tout bas que, par moments, on a craint l’épilepsie. Or, vous savez que l’on cache avec soin ce mal, qui peut réagir sur l’imagination de ceux qui entourent le malade, sur les jeunes sujets particulièrement. Aussi n’a-t-on jamais prononcé ce mot-là devant miss Love. Grâce au ciel, toute inquiétude est dissipée ; mais sachez bien que, pendant que vous nous accusiez, nous n’étions pas sur des roses.

— Pourquoi m’avoir caché alors ce que vous m’avouez maintenant ? Si au moins Love eût pris le soin d’adoucir mon désespoir par sa pitié ; mais elle m’écrivait : Soumettons-nous, comme si c’eût été la chose la plus simple et la plus aisée !

— Love a ignoré votre désespoir. Elle a su que vous aviez du chagrin, mais nous lui avons caché avec