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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/286

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sion effrénée, car il eût fallu cela pour la décider à risquer la vie de son frère, et c’eût été là une mauvaise passion, peu excusable dans un âge si tendre et avec l’éducation saine qu’elle avait reçue. Voilà ce que vous vouliez d’elle, j’en suis certain, et je me souviens de l’avoir compris le jour où je vous vis ensemble au cratère de Bar, tout en ayant l’air d’être aveugle… Mais il ne s’agit pas de cela. Suivez mon raisonnement. Vous avez été trop exigeant et trop impatient, mon cher ami ! Si, au lieu de vous brûler le sang et de vous épuiser l’esprit à désirer une solution alors impossible, vous eussiez su l’attendre ; si vous eussiez pris confiance en elle, en Dieu, en vous-même, tout ce qui vous est arrivé aurait pu ne pas être. Vous ne seriez pas parti, vous eussiez espéré un an, deux ans peut-être ; à l’heure qu’il est, vous seriez marié depuis trois ans avec elle, car il y a tout ce temps-là que le cher Hope est hors de danger. Songez donc que votre départ était comme une rupture dont vous preniez l’initiative…

— Pardon ! mon cher monsieur, m’écriai-je : les choses ne se sont point passées ainsi. C’est elle qui m’a rendu ma parole.

— Et pourquoi, diable ! l’avez-vous reprise ? Ne savez-vous pas que, si on vous l’a rendue, c’est parce que votre mère avait provoqué cette décision pénible ?