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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/282

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je m’en doutais. Je n’y croyais pas, à votre mariage… Mais mademoiselle a fait comme moi, elle vous a reconnu tout de suite, n’est-il pas vrai ?

— Si elle m’a reconnu, depuis huit jours que je suis auprès d’elle en qualité de guide, elle n’en a encore rien fait paraître, et je vous avertis, monsieur, que, si vous me trahissez, vous me désobligerez particulièrement.

— Étrange, étrange, en vérité ! C’est un roman !… Mais je n’entends rien à ces choses-là, moi, et je ne crois pas devoir m’y prêter, d’autant plus que mademoiselle doit savoir à quoi s’en tenir. Il est vrai que vous êtes changé, très-changé, et très-bien déguisé, j’en conviens : on jurerait d’un montagnard ; mais enfin vous êtes vous, et non pas un autre. M. Butler aussi doit…

— Si M. Butler sait qui je suis, il n’y a pas longtemps, je vous en réponds. Quoi qu’il en soit, je vous demande le secret.

— Et moi, je ne vous promets rien. Je n’ai pas de raisons pour préférer votre satisfaction à la dignité de la famille.

— Et, en outre, vous avez pour moi une antipathie dont j’aurais dû redouter la clairvoyance.

— Vous vous trompez, monsieur, j’ai toujours fait grand cas de vous, et, sachant que vous avez voyagé.