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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/274

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Je la consultai sur le classement des minéraux dans la boîte, et, comme je lui présentais à tout hasard un échantillon, elle le regarda avec la loupe.

— Voilà un admirable morceau, me dit-elle. Avez-vous remarqué, Jacques, comme il y a de petits fragments qui représentent une grande roche avec ses arêtes, ses cavernes et ses cristallisations ? Oui, oui, vous devez avoir remarqué cela, vous qui avez l’œil à ces choses.

— Il est tout simple que je l’aie remarqué, lui répondis-je en me remettant avec un dépit secret au diapason de sa tranquillité d’esprit ; j’ai fait souvent l’état de casseur de pierres sur les chemins, et il faudrait être aveugle pour ne pas connaître des yeux ce que l’on manie du matin au soir ; mais une chose m’étonne, c’est qu’une demoiselle comme vous s’en occupe tant et sache plutôt ce qu’il y a dans le cœur d’un rocher que ce qu’il peut y avoir dans celui d’un homme.

— Pourquoi me dites-vous cela ? me demanda-t-elle en me regardant avec surprise, mais sans inquiétude ni dédain. Est-ce parce que je n’ai pas compris votre chagrin à propos de l’indifférence prétendue de votre femme ?

— Oui, justement, demoiselle, c’est à cause de ça !

— Eh bien, je vous répondrai, car vous avez de