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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/262

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bien envie de courir un peu, et que l’occasion était bonne, puisque, forcés nous-mêmes de ne pas sortir ce jour-là, nous pouvions, lui et moi, nous charger du soin des chevaux, et même du service des personnes, si toutefois nous n’étions pas trop désagréables à nos voyageurs. L’excellent Butler accepta d’emblée avec les bonnes paroles qu’il aimait à dire, et qu’il disait sans banalité de bienveillance. Les deux valets prirent la clef des champs. Le beau-père de François se chargea de les mener bien loin, François fut installé à l’écurie, et moi dans l’antichambre de l’appartement des Butler, avec la douce injonction de ne pas m’endormir assez profondément pour ne pas entendre la sonnette.

Toutes choses arrangées ainsi, M. Butler et son fils descendirent pour déjeuner, et Love resta sous ma garde. Il est vrai qu’une femme de la maison se tenait dans sa chambre pour l’aider à sa toilette. Quand cette toilette fut terminée, la servante ouvrit toutes les portes de l’appartement, et je vis Love, en peignoir blanc et en jupe rose, étendue sur une chaise longue, avec une table à côté d’elle, et sur cette table des livres, des plantes, des cailloux, des albums et des boîtes à insectes. Elle rangeait et choisissait des échantillons de laves, et je l’entendis les briser et les équarrir avec le marteau du minéralogiste. Cette tran-