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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/251

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trouver un prétexte pour rester dans l’hôtel, et j’y cherchais déjà avec François une occupation de scieur de bûches ou de commissionnaire, quand M. Butler prit le rôle de la providence de mes amours. Il me rappela pour me charger de lui rapporter, le lendemain, une certaine plante qu’il avait trouvée défleurie sur la montagne Charbonnière, et que je lui avais dit avoir vue ailleurs.

Je fus inquiet toute la nuit, non pas tant de l’accident arrivé à Love que de celui qui pouvait se produire dans la santé de son frère. Il avait fait un grand effort sur lui-même après une petite crise nerveuse dont j’avais été témoin. La chute de sa sœur avait fait diversion à ses pensées ; mais, quand le pauvre enfant se retrouverait vis-à-vis de lui-même, ne serait-il pas repris, comme autrefois, d’un de ces bizarres accès de fièvre qui avaient fait craindre pour sa vie ou pour sa raison ?

Je me relevai à minuit, et j’allai, dans les ténèbres, errer autour de l’hôtel, écoutant les moindres bruits, et m’attendant toujours à surprendre quelque mouvement insolite dans le service.

Tout fut tranquille : à la pointe du jour, une fenêtre s’ouvrit, et je reconnus le jeune garçon aspirant l’air frais de la première aube. Il me vit et m’appela à voix basse.