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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/247

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soleil rouge et menaçant eût fini de s’éteindre dans les nuées ; mais ce spectacle magique dura peu. L’averse devint si lourde et si épaisse, qu’on ne respirait plus. La foudre même ne pouvait l’éclairer, et nous courions dans un demi-jour fauve et bizarre, oppressés par l’électricité répandue dans l’air, assourdis par le tonnerre et emportés par nos intrépides poneys comme des pierres qui roulent sans savoir où elles vont. Pour moi, enveloppé du manteau de Love et tout ému encore de l’avoir sentie elle-même contre mon cœur, d’où j’essayais en vain de chasser son culte, je m’assoupissais dans une rêverie fiévreuse et sensuelle, ne me rendant plus compte de rien, et remettant au lendemain la douleur et la fatigue de réfléchir.




XXII


Quand nous fûmes de retour à l’hôtel, je la pris encore dans mes bras pour la porter à sa chambre. Quoique mince de corsage et très-élancée de formes, elle était relativement lourde, comme les corps dont