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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/236

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point de vue sur ces choses du cœur que vous ne me paraissez pas suffisamment comprendre. Voici pourtant l’âge venu pour vous de ne plus abuser du droit que l’on accorde aux enfants d’émettre des volontés dont ils ne sentent pas la portée et dont ils ne prévoient pas les conséquences. Vous avez été jaloux de mon affection et de celle de votre sœur au point de nous menacer de mourir, si nous admettions un nouveau venu dans la famille…

— Menacer ! s’écria Hope ; moi ! j’ai menacé de mourir ?… Pardon, mon père, mais je ne mérite pas ce que vous me dites là. Tout enfant que j’étais, je n’aurais jamais dit une si mauvaise parole, et, si j’ai été malade d’inquiétude et de chagrin, croyez-vous donc que ce soit ma faute ?

— Non, ce n’était pas votre faute, et vous n’avez pas menacé volontairement. Votre force morale ne pouvait pas encore réagir contre un mauvais sentiment. Vous étiez trop jeune, et votre santé était trop réellement compromise ; mais, aujourd’hui, mon cher Hope, vous vous portez bien et vous avez l’âge de raison. Persistez-vous à interdire à votre sœur le mariage et le bonheur d’être mère ?

— Je vois bien, mon père, qu’il y a quelque nouveau projet, et que l’on n’a pas appris sans joie que M. de la Roche n’était ni mort ni marié.