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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/235

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pause, je vous dirai comme je disais tantôt à votre sœur : Qu’en voulez-vous conclure ?

— Que vous a-t-elle répondu ?

— Elle m’a répondu : Rien.

— Mais elle a pleuré, s’écria le jeune homme ; convenez, mon père, qu’elle a pleuré. Je m’en suis aperçu, moi, quand je suis revenu auprès de vous pour déjeuner, et, comme ce n’est pas la première fois qu’il lui arrive de pleurer en se cachant de moi, j’ai eu du chagrin et même du dépit. Vous me l’avez reproché, et j’avoue que j’ai eu tort. Je vous en demande pardon… Mais avouez aussi qu’il est bien triste de ne pas voir heureuse une personne que l’on aime tant !…

M. Butler prit encore quelques instants pour répondre. Il paraissait faire un grand effort sur lui-même pour rentrer dans la notion du monde social et dans les préoccupations domestiques ; mais il sortit vainqueur de cette lutte entre sa justice naturelle et son apathie contemplative, car il parla à son fils avec une sévérité dont je ne l’aurais jamais cru capable.

— Hope, lui dit-il, je n’ai pas l’habitude des reproches ni le goût des réprimandes ; vous savez qu’il peut se passer des mois et des années sans que je me départe d’un système de tolérance et de mansuétude que j’ai cru bon jusqu’à ce jour. Eh bien, ce jour où nous voici amène pour moi une découverte, un nouveau