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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/234

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exagérez les souvenirs et les regrets qu’elle peut avoir.

— Eh bien, admettons que j’exagère. Il n’en est pas moins vrai qu’elle n’est pas sans souvenirs et sans regrets, et que, par conséquent, elle n’est pas heureuse et qu’elle s’en prend à moi, quoiqu’elle ne l’avoue pas. Je vois bien que, toutes les fois que le hasard ramène ce souvenir-là, elle me regarde avec des yeux tristes, et qu’elle s’ennuie avec nous, comme le jour où nous avons été voir les ruines de Murol. Souvenez-vous… Nous avions parlé de M. de la Roche à propos du dyke de la Verdière… Je l’ai plaisantée à cause du souvenir étonnant qu’elle avait gardé des descriptions de M. Jean, et elle a boudé, elle qui ne boude jamais ; vous-même, vous en avez fait la remarque.

M. Butler garda quelques instants le silence, et reprit la parole avec une sorte de solennité que je ne lui connaissais pas.

— Mon fils, dit-il, parlez-vous très-sérieusement ou à la légère ?

— Je parle très-sérieusement.

— Vous êtes bien persuadé que votre sœur a des regrets ?

— J’en suis persuadé.

— Eh bien, répliqua le père après une nouvelle