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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/231

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le nom de cette demoiselle ; à quoi j’ai dit : « Non, » et elle a paru tranquille.

— Eh bien, puisqu’elle est tranquille, laissons-la dans sa tranquillité ! Ne répondez plus à aucune question, ne songez plus à me servir. Je m’en vais, je retourne chez vous, et demain je pars.

— Non pas, non pas ! s’écria François en me retenant ; elle parle très-vivement de vous avec son frère. Je ne comprends pas ce qu’ils se disent, mais j’entends votre nom à tout moment. Ils ont l’air de se disputer. Il faut au moins que vous sachiez ce qu’ils pensent de vous. Revenez, revenez vite ; car, si vous partiez comme ça fâché, elle pourrait bien se douter que c’est vous qui étiez là, et le père pourrait bien à son tour se fâcher contre moi. Souvenez-vous que vous m’avez juré que, dans toute cette affaire, je ne serais pas compromis, et que ça me ferait grand tort dans mon état de guide, si on savait que je me suis mêlé d’histoires d’amour.

François avait raison, et, d’ailleurs, ma fierté se révoltait à l’idée que l’on pouvait me deviner après m’avoir dédaigné si ouvertement. Je revins après avoir cueilli des fruits de myrtile, que M. Butler aimait beaucoup, et il me remercia en disant :

— Cet excellent garçon pense à tout ! Vraiment, on voudrait l’avoir à son service ! Jacques, quand vous