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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/217

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XX


Comme mes voyageurs (c’est ainsi que je pouvais les appeler, de ce ton de propriétaire qui est particulier aux guides) connaissaient le pays, ils n’étaient pas pressés de refaire les promenades classiques, et ils allaient en naturalistes, étudiant les détails, cherchant à explorer des parties qui ne leur étaient pas familières et qui n’étaient guère explorables. Cependant, quand nous fûmes arrivés sur les hauts plateaux, tout danger cessa, et je pus abandonner mon jeune maître à lui-même.

Ces plateaux, souvent soutenus par des colonnades de basalte comme celles de mon vallon natal de la Roche, sont beaucoup plus élevés et plus poétiques. Ce sont les véritables sanctuaires de la vie pastorale. Le gazon inculte qui revêt ces régions fraîches s’accumule en croûtes profondes, sur lesquelles chaque printemps fait fleurir un herbage nouveau. Les troupeaux vivent là quatre mois de l’année en plein air. Leurs gardiens s’installent dans des chalets qu’on ap-