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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/203

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donner le vertige, petites et grandes salles, les unes gisant en partie sur les herbes des préaux, les autres s’élevant dans les airs sans escalier qui s’y rattachent ; tourelles et poternes échelonnées en zigzag jusque sur la déclivité du monticule qui porte le dyke ; portes richement fleuronnées d’armoiries et à moitié ensevelies dans les décombres ; logis élégants de la renaissance cachés, avec leurs petites cours mystérieuses, dans les vastes flancs de l’édifice féodal, et tout cela brisé, disloqué, mais luxuriant de plantes sauvages aux arômes pénétrants, et dominant un pays qui trouve encore moyen d’être adorable de végétation, tout en restant bizarre de forme et âpre de caractère.

C’est là que je vis Love assise près d’une fenêtre vide de ses croisillons, et d’où l’on découvrait tout l’ensemble de la vallée. J’étais immobile, très-près d’elle, dans un massif de sureaux qui remplissait la moitié de la salle. Love était seule. Son père était resté en dehors pour examiner la nature des laves. Hope courait de chambre en chambre, au rez-de-chaussée, avec le domestique. Elle avait grimpé comme une chèvre pour être seule apparemment, et elle était perdue dans la contemplation du ciel chargé de nuées sombres aux contours étincelants, dont les accidents durs et bizarres semblaient vouloir répéter ceux du pays étrange où nous nous trouvions. Je re-