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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/183

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l’Auvergne avec une rapidité audacieuse et des bonds d’une grâce infinie.

— Eh bien, non, ce ne sera pas ma destinée, pensai-je avec dépit. Je descendrai jusqu’à cette route, et je prendrai à gauche. À présent, je sais où je suis. Il ne sera pas dit que j’irai où je ne veux pas aller.

Arrivé sur la route, je sentis la rapide transition de l’atmosphère, et je m’assis, baigné de sueur, au bord d’une petite source qui perçait le rocher taillé à pic. Je reconnaissais la source, et l’endroit, et le site, et jusqu’aux pierres du chemin. Pourtant, dans la crainte d’être trompé encore par quelque hallucination, je m’informai auprès d’un charretier qui passait.

— Vous êtes bien sur la route d’Arlanc, me dit-il, et, à un quart d’heure d’ici, en marchant devant vous, vous trouverez le château de Bellevue ; mais, si c’est là que vous allez, je vous avertis qu’il n’y a personne. Du moins les maîtres sont tous partis ce matin pour Issoire.

Je me dis aussitôt que, si la famille Butler était du côté d’Issoire, je devais m’en aller par le côté d’Arlanc pour m’enlever toute chance et toute misérable velléité de la rencontrer. Je marchai donc sur Bellevue, résigné à passer le long du parc, et même devant la porte.

Le parc de Bellevue est un des plus beaux jardins