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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/181

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mois, et le printemps est horrible. Le terrain sablonneux qui se resserre à la pluie rend cependant les communications faciles quand les neiges sont fondues. Aussi je marchais vite pour me réchauffer, et j’espérais être bientôt arrivé à une maison de paysans dont j’avais souvenance pour y avoir quelquefois mangé à la chasse. Je mourais de faim et j’avais grand besoin de sommeil.

Mais une portion de forêt récemment coupée et absolument impraticable me força de chercher un détour. Je marchai encore une demi-heure et fus contraint de m’arrêter, épuisé de lassitude. Je m’étais complétement perdu. J’entendis la cloche d’un troupeau de vaches et me dirigeai de ce côté. L’enfant qui les gardait eut une telle peur de ma barbe, qu’il s’enfuit en laissant son petit sac de toile, où je trouvai du pain et une sébile de bois. Je m’emparai du pain en mettant une pièce de cinq francs à la place. Les vaches se laissèrent traire dans la sébile, et, après avoir satisfait ma faim et ma soif, je cherchai un coin découvert pour m’étendre au soleil, car j’étais beaucoup plus pressé de dormir que de savoir où j’étais.

Je dormis profondément et délicieusement. Quand je m’éveillai, le sac du vacher et le troupeau de vaches avaient disparu. L’enfant, en revenant les chercher, ne m’avait peut-être pas aperçu. Je comptais bien re-