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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/172

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papa Butler, et qu’il eût vendu Bellevue à grand’perte, si je n’eusse pris en main les intérêts des enfants. Heureusement, Bellevue reste franc d’hypothèques, et le digne homme ne se décidera jamais à transporter et à déranger des collections aussi bien étiquetées que celles qui remplissent son manoir. Il m’a donc laissé libre de faire porter le budget de ses pertes sur d’autres valeurs. Celle-là, je la conserve pour Love, jusqu’au jour où, M. Butler n’ayant plus rien à lui, elle se ruinera pour lui faire plaisir. À cela je ne peux rien, et je me résigne d’avance. Je sais que nous reculons peut-être pour mieux sauter ; mais quelquefois en reculant on sauve tout. M. Butler peut mourir à temps : ce serait bien dommage, il est impossible de ne pas aimer cet homme-là ; mais, si sa fille doit le pleurer, je serais content qu’il lui restât au moins de quoi vivre.

» Voilà les faits dans toute leur netteté, et tout ce que je vous dis là doit vous prouver que Love ne veut plus et ne voudra jamais aliéner une liberté que, sous tous les rapports, dans le passé comme dans l’avenir, elle a consacrée et sacrifiée à sa famille. Telle qu’elle est, avec la froideur de son organisation, qui pour moi est évidente, avec sa faiblesse de caractère, qui ne l’est pas moins, son engouement pour la science, qui lui fait oublier de plaire et d’aimer, et qui, par