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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/166

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changement que j’avais subi. J’étais, selon lui, beaucoup mieux qu’autrefois.

— Ah çà ! me dit-il quand nous fûmes seuls, vous savez que vous êtes riche, et même plus riche qu’à l’époque où vous avez hérité ; car, depuis trois ans que vous avez reçu la nouvelle…

— Je ne l’ai pas reçue.

— Ah bien, je m’en doutais !… J’ai écrit partout où vous n’étiez pas ! C’est toujours ça. Eh bien, depuis trois ans, j’ai continué pour vous le métier d’usurier que faisait votre oncle. Quand je dis usurier, c’est une hyperbole, car je respecte la loi ; seulement, je place et replace les intérêts, si bien que vous voilà maître de jeter tout par les fenêtres, si bon vous semble ; cela ne me regarde plus. Mais j’espère que vous nous ramenez une jolie créole, et que bientôt nous verrons apparaître ici un ou deux beaux poupons qui vous auront mis du plomb dans la tête.

— Vous vous trompez, monsieur Louandre ! Je n’ai ni femme ni enfants : je n’ai pas seulement essayé de me marier !

— Comment ! vrai ? sur l’honneur ?

— Sur l’honneur ! Vous a-t-on dit le contraire ?

— On l’a si bien dit, que je le croyais. C’est votre cousin Louis de Bressac qui l’a annoncé partout, et même…