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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/162

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Je commençai par celles dont j’aurais pu faire d’avance la réponse. Les plus vieux et les plus infirmes de mes parents étaient morts, et, comme je m’informais, par respect pour l’âge et le nom, d’un mien grand-oncle fort pauvre et fort égoïste que j’avais peu connu, la bonne femme me regarda avec stupeur.

— Comment ! s’écria-t-elle, monsieur ne sait donc pas ?…

— Je ne sais rien : que veux-tu que je sache ? J’arrive, et je n’ai encore vu personne.

— En ce cas, monsieur ne sait pas qu’il est riche ?

— Riche, qui ?… mon oncle Gaston ?…

— M. le chanoine Gaston de la Roche est mort dans la dernière misère, comme il avait toujours vécu ; mais M. le comte est riche, vu que ce grand-oncle si malheureux avait mis ses revenus de côté. Il avait amassé, ramassé, tondu sur les œufs, que sais-je ? placé les intérêts et les intérêts des intérêts, si bien qu’il a laissé en espèces enfouies plus de cinq cent mille francs, dont M. le comte hérite. Eh bien, ça ne vous fait pas plus plaisir que ça ? Si la pauvre madame vivait, ça lui en ferait tant pour vous !

— Ah ! tu as raison, Catherine ! l’âme de ma mère s’en réjouit peut-être ; alors je suis content, très-content. Mais parle-moi de mon meilleur ami au pays, parle-moi de M. Louandre. J’ai peur d’apprendre aussi