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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/141

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— Je ne peux pas lire ; mais qu’importe ? Je suis condamné sans appel, n’est-ce pas ?

— Je ne m’étonne pas, reprit-il, que vous ne puissiez venir à bout de déchiffrer ce grimoire à première vue. J’y ai mis trois jours, et enfin je le sais par cœur. Le voici mot à mot :

« Madame la comtesse, j’ai hâte de répondre à la lettre excellente et pleine de sagesse que vous nous avez fait l’honneur de nous écrire. La santé de mon fils se rétablit de jour en jour ; mais, dès que je fais la moindre tentative pour le ramener aux sentiments que lui dicteraient la raison et l’amour fraternel, de nouvelles crises se déclarent. Le pauvre enfant accepte tout et jure de se soumettre ; mais le mal physique est tellement lié chez lui à cette malheureuse jalousie, qu’il paye cruellement ses efforts pour la combattre. La situation où nous étions en quittant la France n’est donc que bien faiblement modifiée et menace de se prolonger indéfiniment. C’est pourquoi, navré comme vous, madame, de la douleur de votre cher et bien-aimé fils, mais jaloux de mériter par ma franchise la confiance dont vous daignez honorer ma fille et moi, je viens, en son nom et au mien, rendre à monsieur votre fils et à vous la parole qu’il nous avait donnée. »

Il y avait ensuite une page, entière de regrets, de