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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/130

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notre mariage, je viendrais à bout de l’y faire consentir et de la rendre heureuse quand même, après qu’elle aurait cédé ; je sais que vous auriez la volonté et le pouvoir de vous faire aimer d’elle. Pensez-vous donc que je n’aurais pas le même pouvoir et la même volonté vis-à-vis de Hope ? Doutez-vous de mon cœur et des forces de mon dévouement ? Oui, vous en doutez puisqu’au lieu de m’appeler auprès de lui pour le soigner, le servir, le fléchir et le convaincre, vous m’éloignez, vous me défendez de paraître devant ses yeux, et vous entretenez ainsi cette tyrannie de malade qui pèsera, si vous n’y prenez garde, sur tout le reste de votre vie, et probablement sur le bonheur de votre père !

Ce dernier mot frappa Love plus que tout le reste.

— Ce que vous dites est vrai, répondit-elle, pleurant toujours avec une douceur navrante. Mon père souffre déjà de cette tyrannie, car il vous aime : il voyait notre mariage avec confiance, et je prévois le temps où la lutte pourra s’établir entre son fils et lui ; mais, hélas ! ajouta-t-elle plus bas en retombant dans ce découragement qui m’effrayait, ne sera-ce pas bien assez pour moi d’avoir à les mettre d’accord, sans qu’une autre lutte s’établisse au sein de la famille ? Ah ! tenez, cette position est horrible, et quand je pense que la raison ou la vie de ce malheureux enfant doit peut-être y