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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/100

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IX


Je sentais aussi une sorte de remords d’avoir compromis Love par trop de dévouement. J’avais eu beau prendre, pour aller chez elle, tous les chemins détournés à moi connus, être libéral sans affectation avec les valets de sa maison, rentrer chez moi à la nuit et ne plus jamais passer par la ville : on m’avait rencontré dans des endroits impossibles, les domestiques avaient parlé, et, au moment où ma famille s’était émue, quelques officieux se préparaient de leur côté à avertir M. Butler de l’imprudence de ma conduite et de la sienne propre.

En attendant que le malade fût assez hors de danger pour entendre des choses désagréables, on s’agitait autour de M. Louandre. Mes concurrents éconduits, mes rivaux en expectative et surtout les oisifs de province, qui glosent pour le plaisir de gloser, assassinaient de questions le pauvre notaire, et lui donnaient à entendre les choses les plus infâmes. Les plus charitables voulaient bien admettre que je n’avais pas