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fait de mal qu’à lui-même ! Il me témoignait une amitié qui est sincère, et qu’il ne m’ôtera jamais. Il vous respecte, il vous vénère et… il vous adore, ce n’est pas sa faute. Après votre départ de chez moi, il a voulu entrer dans votre chambre avant qu’elle fût rangée et occupée par une autre personne. Encore, non, je le fais plus coupable qu’il ne l’est. Il passait devant votre petit salon sans avoir rien prémédité ; il ne voulait voir que vos fenêtres. Elles étaient ouvertes, et la lune éclairait un bouquet qu’il avait vu dans vos mains le matin et que vous aviez oublié sur la table de votre petit salon. Il a poussé la porte vitrée, il a pris le bouquet, il n’a pas même franchi le seuil de votre chambre, bien qu’il la crût déserte. Il se retirait au moment où votre mari l’a surpris. Celui-ci n’a voulu entendre à rien et lui a donné rendez-vous à Paris pour se battre. Salcède s’est battu comme un fou qui cherche la mort, et, s’il n’a pas trouvé ce qu’il cherchait, c’est que Dieu ne l’a pas voulu. Il m’a montré votre bouquet taché de son sang. Ah ! quelle passion, et que vous êtes heureuse, vous, d’être aimée ainsi par un tel homme ! Mais il croit que vous le dédaignez, et, si j’étais égoïste, je souhaiterais, moi, qu’il en fût ainsi ; j’aurais l’espérance de le voir guérir au moral comme au physique. Quoi qu’il arrive, je reste votre amie à tous deux. Je l’emmènerai à Flamarande aussitôt qu’il sera capable de supporter le voyage. Envoyez-moi