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les attendît pas plus tard que dix heures. À onze heures, personne n’étant rentré, on ferma les portes. Madame de Flamarande, très-fatiguée, s’était couchée ; monsieur, très-agité, restait au salon avec madame la baronne. J’attendais, seul dans l’antichambre, qu’il se retirât et m’envoyât dormir, lorsque je crus entendre sonner à la grille. Je m’y rendis après quelque hésitation, n’étant pas sûr de ne m’être pas trompé.

— Restez tranquille, me dit le jardinier, qui faisait office de concierge, je ne dormais pas ; c’est M. de Salcède qui vient de rentrer. Les autres ne rentreront pas ce soir ; on peut dormir.

Je m’étonnais de ne pas m’être croisé avec M. de Salcède, puisqu’il demeurait dans le corps de logis où étaient le salon et les appartements de la baronne. Je jugeai qu’il avait pris par le parterre, et que j’allais entendre sa voix dans le salon. Il n’y était pas. Je me dis encore qu’il s’était peut-être un peu exalté dans cette partie de garçons, et qu’il avait été droit à son lit, sans vouloir se montrer. Un quart d’heure après, M. le comte quittait la baronne et me disait :

— Je n’ai besoin de rien.

— Personne n’est rentré ? me demanda la baronne.

Je répondis que M. de Salcède était rentré seul.

— Eh bien, reprit-elle, où donc est-il, que nous ne l’avons pas vu ?