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remonté chez lui, je descendis à mon tour pour veiller aux rafraîchissements de la soirée, et je me trouvai face à face avec le comte de Flamarande, qui sortait de l’ombre d’un couloir. Lui aussi avait observé, et il était plus agité encore que M. de Salcède ; il était pâle comme la mort et parlait seul, les dents serrées comme s’il eût voulu rugir.

— Il me trompe ! disait-il. Infâme, infâme !

Il ne me vit pas, tant il était préoccupé, et descendit au salon, où M. de Salcède ne vint pas ce soir-là, au grand déplaisir de la baronne, qui ne s’en cachait guère. Madame, plus indifférente ou plus habile, dansa gaiement et ne parut point contrariée. M. le comte ne la quittait pas des yeux. S’en apercevait-elle ?

Le lendemain, Julie m’apprit que nous partions le jour même, et, peu d’instants après, le comte m’ordonna de veiller à ses paquets. Les chevaux de poste arrivèrent au moment du déjeuner. Monsieur fit croire à son hôtesse qu’il avait reçu de Paris des lettres pressantes, qu’une affaire grave le rappelait, qu’il lui fallait se hâter. M. de Salcède était là et reçut le coup en pleine poitrine. Il ne s’y attendait pas. Il croyait avoir apaisé les doutes de son ami.

— Pourquoi ce départ ? lui dit-il en l’attirant dans une embrasure où je me trouvais occupé à arranger une poulie de rideau qui ne marchait pas.