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Mes maîtres, reçus à bras ouverts, car les deux dames paraissaient tendrement s’aimer, furent installés dans un appartement du rez-de-chaussée qui se composait de trois pièces : un petit salon, une chambre à coucher et un grand cabinet de toilette, chacune de ces pièces ayant une fenêtre sur le petit jardin qui remplissait l’intervalle entre les deux nouveaux pavillons. C’était un parterre fraîchement planté, mais de plantes bien serrées et de belle venue, de manière que les fenêtres des deux pavillons qui se faisaient vis-à-vis ne plongeaient pas directement les unes dans les autres. M. de Salcède fut logé dans la partie ancienne qui formait le fond du fer à cheval. Les domestiques eurent des chambres dans le haut des corps de logis. Je me trouvai au troisième juste au-dessus de l’appartement de mes maîtres. Je demande qu’on ne me reproche pas ces détails, absolument nécessaires au récit que je prends le soin d’écrire.

Mon maître ne s’était pas senti disposé à s’occuper d’affaires pendant notre excursion à Flamarande ; il m’avait chargé de m’enquérir de toutes choses pendant qu’il allait à la chasse, et, en une après-midi, il m’avait fallu ne point perdre de temps pour me faire une légère idée de la valeur et du rendement de la terre. Cela consistait en une ferme de trois mille francs. Pour lui, c’était si peu de chose que, depuis trois ans, il n’avait pas compté